Voici le mémoire que j'ai co-réalisé avec un autre étudiant dans le cadre de ma première année de master à l'université Montesquieu Bordeaux IV : une présentation que j'espère relativement claire et compréhensible de la finance carbone ainsi que des enjeux qui lui sont associés.
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« La main invisible dAdam Smith sest transformée en pied visible dont les coups détruisent la nature et la société en morceaux ». Au début des années 70, à travers ce constat ironique et imagé, Herman Daly, important économiste affilié à la bioéconomie[1] met déjà en évidence laction nocive de lêtre humain sur son environnement et souligne la difficulté des rapports hommes-nature. Quarante ans après, les propos alarmistes tenus par les experts du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) lui font écho. Ils déclarent ainsi à lissue de la conférence qui sest tenue à Paris du 29 janvier au 02 février 2007 : « l'essentiel de l'augmentation des températures moyennes observée depuis le milieu du XXème siècle est très probablement dû à l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre engendrées par l'homme »[2]. Ce « très probablement » signifie que les experts sont sûrs à plus de 90 % de la responsabilité humaine. Cette conclusion sans appel fait ainsi taire les voix discordantes qui sélevaient dont celle de Cécile Philippe[3], universitaire reconnue, ou encore de Claude Allègre, qui développent l'idée selon laquelle les changements climatiques actuels ne sont pas le signe d'un réchauffement global de la Terre[4]. Et, surtout, que la cause de ces changements demeure inconnue.
Dès lors que la responsabilité humaine devient acquise dans la dégradation de lenvironnement, le principal enjeu repose alors sur les manières de contrecarrer ce phénomène. Si lHomme est responsable de ses propres maux, cest bien quil peut agir pour les supprimer ou tout au moins les contenir à un niveau raisonnable. La concentration excessive de dioxyde de carbone (CO2) dans latmosphère est ainsi montrée du doigt. Il a néanmoins fallu surmonter un problème de taille : depuis des siècles, le carbone navait pas de valeur. Il est donc extrêmement délicat de rendre payant quelque chose qui était gratuit jusqualors. A limage de lutilisation collective et gratuite des pâturages en Angleterre au 18ième siècle, qui a abouti à une surexploitation des prés communs et où il fut alors décidé de séparer les pâturages et de les vendre aux propriétaires de troupeaux lesquels furent ainsi dans lobligation de limiter le nombre de têtes afin de ne pas épuiser les sols.
Donner un coût financier à lactif carbone nécessitait une prise de conscience politique du problème environnemental qui débute dans les années 90 avec le Sommet de la Terre de 1992 qui sest tenu à Rio de Janeiro. Il donne le coup d'envoi à un programme ambitieux de lutte mondiale contre les changements climatiques, pour la protection de la biodiversité et l'élimination des produits toxiques dangereux. Il aboutit à la signature de la Convention Climat qui vise à assurer une meilleure gestion de la planète, en stabilisant « les concentrations de gaz à effet de serre dans latmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique » (Article 2). Cependant, cette déclaration nest absolument pas contraignante au niveau juridique puisquau contraire, elle reconnaît la souveraineté des Etats à « exploiter leurs propres ressources selon leur politique d'environnement et de développement ». Il sagit là dune des raisons principales pour laquelle les Etats-Unis font partie des signataires. En effet, ils ne ratifieront pas le Protocole de Kyoto (1997) qui demande la réalisation dobjectifs concrets en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre : 5.2 % de réduction par rapport au niveau de 1990 à atteindre en moyenne au cours de la première période d'engagement, soit 2008/2012, et un objectif quantifié pour chaque pays. La Chine (deuxième émetteur de CO2 au monde, et en passe de devenir le premier à la fin 2007) et lInde refusent également le texte au motif quil perturberait trop leur développement et leur croissance. LUnion européenne devient alors le fer de lance de la lutte contre le réchauffement climatique mais la mise en place dactions concrètes est longue et douloureuse comme le souligne la fameuse phrase avec laquelle Jacques Chirac avait entamé son discours lors du sommet de la Terre de Johannesburg en 2002 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l'admettre. (...) La terre et l'humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables. Il est temps, je crois, d'ouvrir les yeux »[5]. Plusieurs solutions soffrent à lUnion européenne pour atteindre les objectifs fixés par le Protocole de Kyoto :
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· La première solution est d'imposer une règlementation : par exemple, chaque entreprise doit réduire ses émissions de 10 %. Le problème de cette mesure est qu'elle est très coûteuse parce qu'elle ne distingue pas les entreprises pour qui il est facile de dépolluer et celles pour qui cela lest beaucoup moins. Le choix dun standard identique aboutit à des efforts trop faibles chez les premières, trop coûteux pour les secondes.
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· La seconde solution est la taxe sur la pollution : pour chaque tonne émise, les entreprises doivent payer une certaine taxe. Dans ces conditions, celles pour qui il est peu coûteux de dépolluer le feront, celles pour lesquelles cela est trop coûteux ne le feront pas. En théorie, il existe un montant de taxe permettant d'atteindre exactement le volume de réduction de pollution souhaité : il sagit de la taxe de Pigou[6]. La taxe pigovienne (ou pigouvienne) est très séduisante intellectuellement. Son inconvénient principal est qu'il est en pratique impossible pour lEtat d'en déterminer le bon niveau. Ce niveau dépend en effet des coûts de dépollution des entreprises que celles-ci sont seules à connaître. Et sachant que ces coûts vont déterminer les taxes qu'elles vont payer, elles ne sont pas très incitées à révéler ce montant et vont opter pour des comportements de free-riding : elle vont laisser les autres entreprises supporter ce coût supplémentaire. L'Etat peut procéder par tâtonnement, mais le montant idéal de taxe change avec les évolutions technologiques et les circonstances économiques. La taxe en pratique ne sera donc jamais la bonne.
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· D'où la troisième solution proposée par les économistes : le système de « droit à polluer ». Le principe en est le suivant : on remet à chaque entreprise des « permis de polluer ». Elles n'ont pas le droit de polluer plus que le nombre total de permis dont elles disposent. On peut donc, comme pour une réglementation, limiter la pollution au niveau souhaité. La différence avec la réglementation est que les permis sont négociables : une entreprise peut vendre ses permis à une autre. De ce fait, si une entreprise supporte des coûts de dépollution élevés, elle va chercher à acheter des permis. A l'inverse, une entreprise dont les coûts de dépollution sont faibles va réduire sa pollution et revendre ses permis. Ce qui est intéressant avec ce mécanisme est que le prix du permis de pollution va se fixer exactement au niveau de la taxe optimale. En d'autres termes, le mécanisme des prix ne laisse pas d'autre choix aux entreprises que de révéler la vérité sur leurs coûts de dépollution.<o:p></o:p>
La finance carbone est le terme générique employé pour désigner les achats de réductions démissions de gaz à effet de serre en vue de compenser les émissions ayant lieu dans les pays de lOCDE. De prime abord, le concept peut paraître surprenant mais cest bien par lapplication des mécanismes de marché que lEurope compte atteindre son objectif environnemental : « Si vous pouvez négocier du blé, vous pouvez négocier du carbone » aiment à dire les courtiers de Wall Street. Après bien des réticences, les entreprises concernées ont désormais intégré ce nouveau coût dans leur production. La directive européenne qui introduit la finance carbone est ainsi entrée en vigueur en janvier 2005. Elle comporte deux phases. La première porte sur la période 2005-2007[7] et ne concerne que le gaz carbonique (CO2) et uniquement les installations d'une puissance calorifique de combustion supérieure à 20 mégawatts. La deuxième phase débutera en 2008 pour sarrêter en 2012, terme du Protocole de Kyoto. La première phase nest pas encore terminée que le constat apparaît déjà sévère pour la finance carbone : le prix de la tonne de carbone sest littéralement effondré, il cote désormais moins de un euro, prix nettement insuffisant pour inciter les entreprises à engager des investissements de dépollution : ces dernières ont tout intérêt à privilégier lachat de quotas vu la faiblesse de leur prix. Face à ce premier bilan, il convient alors de se demander si la finance carbone peut saffirmer comme un mode efficace de régulation de la pollution. Répondre à cette question suppose danalyser les lacunes du système apparues lors de la mise en place de la première phase et de se pencher sur les incertitudes liées à lattente dune nouvelle réglementation et dune meilleure visibilité.
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Jusquen décembre 2004, une usine rejetant une quantité importante de dioxyde de carbone (CO2) nétait pas obligée de limiter ses rejets. Elle pouvait pour ainsi dire polluer sans limites. Depuis le 1er janvier 2005, les producteurs dénergie, dacier, de ciment et de papier ont le droit de ne rejeter quune certaine quantité de CO2. Chaque site industriel reçoit du gouvernement de son propre pays un quota maximum. Chaque site qui aura anticipé les dépassements de ces quotas peut alors choisir : soit investir pour réduire ses émissions de dioxyde de carbone, tout en maintenant ou en développant sa production, soit, par exemple parce quil lui faut du temps pour pouvoir investir, acheter des droits démissions à une autre entreprise nimporte où en Europe qui elle, sera parvenue à réduire ses émissions en dessous de son propre quotas.
Les économistes ont consacré une énergie considérable, dans les débats publics, pour que ce mécanisme des droits à polluer soit employé pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du protocole de Kyoto. Ils se sont appuyés notamment sur lexpérience américaine déchange de quotas portant sur le dioxyde de souffre (SO2) commencée au début des années 90. Le succès de ce marché a beaucoup joué dans la réalisation du système européen. Face à eux, les écologistes considèrent que toute pollution est un mal odieux, et pour eux, le simple terme de « droit à polluer » ne devrait pas exister. A lopposé, les industriels expliquent quon assassine leur compétitivité. Ce long effort fut finalement couronné de succès : le mécanisme des droits à polluer a été adopté dans le protocole de Kyoto, et par l'Union Européenne. Un « marché du carbone » a été créé sur lequel s'échangent ces fameux droits de pollution.
Malheureusement, force est de constater que le bilan de la première phase est plutôt mitigé. On peut même carrément parler déchec. Quelles en sont les raisons ? Comment peut-on expliquer quun système qui sappuie sur des bases juridiques, politiques, économiques et financières à priori solides, présente au final une mauvaise copie ?
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Pour quun système déchange puisse fonctionner, il faut que ce dernier repose sur un cadre juridique préalablement déterminé. Selon lordonnance 2004-330 du 15 avril 2004, le quota est défini comme étant « une unité de compte représentative de lémission de léquivalent dune tonne de CO2 ». En droit français, le quota répond à la nature juridique dun bien meuble incorporel. Cela signifie quil ne sagit ni dun droit, ni dune autorisation démettre. Il sagit ici dune spécificité française, et chaque législation nationale procède à une qualification juridique précise du quota par rapport à sa structure juridique interne. Malgré cela, le quota de CO2 se voit doté dune qualification juridique harmonisée à léchelle européenne : la directive concernant les marchés dinstruments financiers (directive MIF) et le comité TVA européen du 19 octobre 2004 donnent une base dharmonisation pour la qualification juridique des quotas démission de Gaz à Effet de Serre (GES). Ainsi, le quota nest pas considéré comme étant un véritable instrument financier, mais peut en revanche servir de sous jacent dinstruments financiers à terme. Autrement dit, lorsquil est négocié au comptant, il peut être considéré comme une marchandise, mais il devient aussi un instrument financier lors dune opération de dérivé sur quotas (contrats à terme, options, swap ).
On est ainsi en présence dun quota qui se caractérise par deux facettes : il est un actif environnemental à la nature juridique hybride, ce qui reflète la nature ambiguë du protocole de Kyoto, qui oscille entre un système financier et un accord environnemental. Ces quotas ont vu le jour en 2005, année de la création du premier système international déchange de quotas démission de CO2 par lUnion européenne. Le socle juridique ayant été défini, ces quotas doivent pouvoir être échangés. Afin de faciliter ces échanges, deux instruments fondamentaux sont disponibles : les registres nationaux et les plates-formes déchanges.
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Pour que le marché européen de permis démission puisse être opérationnel, il est indispensable de mettre en place des systèmes qui puissent traiter linformation, gérer le suivi et le traitement des échanges de quotas. Cest là que les systèmes de registres nationaux interviennent. Un registre est un système comptable totalement informatisé de gestion des quotas carbone, et chaque Etat signataire est tenu davoir son propre registre. Le fonctionnement de ces registres est identique aux registres de titres nominatifs : ils tracent les mouvements de compte à compte des quotas, enregistrent la propriété et communiquent des informations au public. Ces registres sont très importants : outre le fait quils ont la charge de comptabiliser les droits et denregistrer les mouvements dun compte à lautre, ils sont chargés dallouer les stocks de quotas et de vérifier que les entreprises et les pays respectent leurs engagements en matière de réduction démissions.
En ce qui concerne lallocation des stocks de quotas, les registres ont pour mission démettre la portion annuelle de quotas fixée par chaque Etat dans le cadre dun Plan National dAllocation des Quotas (PNAQ), et ceci avant le 28 février de chaque année. Une fois ces quotas émis, ces derniers peuvent être échangés, négociés dans toute lUnion européenne. Les exploitations qui sont concernées par la Directive doivent, au 30 avril de chaque année, rendre un nombre de quotas équivalent aux émissions de leurs installations de lannée précédente. En fait, on peut comparer le système de distribution de quotas avec un système de prêt de lEtat : lorsque les quotas attribués aux entreprises sont équivalent à une tonne réellement émise, les entreprises rendent leurs quotas à lEtat.
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Concernant le respect des engagements, les registres sont tenus dassurer la conformité des entreprises et des pays avec leurs objectifs de réduction démission de GES. Les entreprises sont chargées de faire vérifier tous les ans leurs quantités démission par un organisme indépendant et accrédité. Mais ce nest pas tout : à coté de cette « surveillance » des entreprises par les registres, il existe une plate-forme électronique gérée par la Commission Européenne : le journal européen indépendant des transactions (Community Independent Transaction Log) qui a pour rôle de surveiller les registres. Lorsquil y a un échange de quotas entre deux registres par exemple, la plate-forme vérifie que le droit na pas été créé deux fois, ce qui fausserait évidemment les résultats dans la mesure où les entreprises pourraient atteindre leurs objectifs de façon détournée. La plate forme vérifie aussi que le droit na pas atteint sa date limite de validité, et que le pays ou lentreprise considérée respecte certaines conditions ou principes pour pouvoir participer au système déchange.
Finalement, ces registres représentent un véritable bouclier contre les abus potentiels, et permettent que les informations soient vite et bien traitées. Ils sont là pour assurer le respect de lintégrité environnementale du marché.
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</o:p>En France, par décret du 23 décembre 2004, la Caisse des Dépôts (CDC) a été désignée pour mettre en place et tenir le Registre National des quotas d'émission de gaz à effet de serre prévu par l'article L.229-16 du code de l'environnement : il sagit du registre SERINGAS (Système Electronique de Registre Informatisé des Gaz A effet de Serre). La technologie utilisée par le Registre National permet à tout participant de consulter ses comptes et deffectuer des transferts en toute sécurité, notamment via le site internet : www.seringas.caissedesdepots.fr
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Que se passe-t-il si, à la fin de la période considérée, les entreprises
ne sont pas en mesure de restituer un montant de quotas qui permet de couvrir leurs émissions ? Les entreprises sont soumises à un système de sanctions. En effet, si les entreprises dépassent les quotas, une amende de 40 euros leur sera prélevée pour chaque tonne non restituée, et cette pénalité nest pas libératoire : lentreprise paie lamende, et devra rendre lannée suivante le quota correspondant à son dépassement. Prenons lexemple dune installation qui se voit attribuer 200 quotas par les autorités publiques. Si elle émet 170 tonnes de CO2, elle libère 30 quotas quelle pourra valoriser sur le marché. Si elle en émet 215, elle devra acheter 15 quotas sous peine de se voir infliger une amende de 40 par quota pour la première période et dêtre, de plus, obligée de racheter les quotas manquants. Le système de sanction va se durcir à partir de 2008, puisque le montant de lamende ne sera plus de 40 euros, mais de 100 euros.
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Puisque les registres sont chargés, entre autre, dallouer les stocks de quotas dans les entreprises dun pays considéré, il est préalablement nécessaire que lEtat de ce pays détermine la quantité maximale de quotas à distribuer pour ses entreprises. Cest lobjet du plan national dallocation ou dattribution des quotas.
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Actuellement, à léchelle européenne, les activités industrielles concernées sont les énergies, la sidérurgie, le papier, le ciment, le pétrole, le verre, et les céramiques[8]. Dans ces activités, les Etats membres doivent faire approuver par la commission européenne un plan national dattribution des quotas (PNAQ) dans lequel ils déterminent la quantité maximale de CO2 que chaque entreprise peut émettre.
En France, un premier PNAQ préparé par le ministère de l'Écologie et du Développement durable en concertation avec le ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie a été transmis à la Commission européenne le 6 juillet 2004. LEtat français a défini un plafond de 156 millions de tonnes de CO2, et les secteurs les plus concernés sont ceux de lélectricité, de la sidérurgie du raffinage, du ciment, et de la chimie. En tout, le PNAQ français concerne 1160 installations au sein de 18 secteurs différents, et le nombre moyen de quotas alloués par installation est de 129 000 tonnes de CO2. En analysant de manière plus précise la répartition des quotas, on peut sapercevoir quil y a une très forte hétérogénéité. Par exemple, il a été attribué aux trois haut-fourneaux de la Sollac des quotas moyens de plus de 8,5 millions de tonnes de CO2 par installation. Et à lopposé, on trouve des établissements scolaires et universitaires qui nont reçu que des quotas de moins de 10 000 tonnes de CO2. De manière générale, les secteurs les plus concernés par le PNAQ se sont vus allouer 75 % des quotas, et ces secteurs représentent moins de 15 % du nombre dinstallations.
Après négociation avec les Etats membres, le montant global de quotas attribués sur la période 2005-2007 a été fixé à environ 2.1 milliards de tonnes par an, ce qui représente donc à peu près 6 milliards et demi dactifs CO2 qui ont une valeur marchande et qui peuvent faire lobjet déchange entre les différents acteurs. Au total, la directive européenne couvre environ 45 % des émissions de CO2 de lUnion Européenne, soit le tiers des émissions de GES de lUnion. La répartition des quotas reste cependant assez inégale en Europe : plus de 70 % des quotas sont détenus par six Etats membres : Allemagne, Pologne, Italie, Royaume-Uni, Espagne, France. LAllemagne, à elle seule, a alloué deux fois plus de quotas que la Pologne, qui est pourtant le deuxième plus important bénéficiaire de quotas en Europe. En revanche, en France, la quantité de quotas allouée est faible, et ceci sexplique notamment par le fait que notre énergie vient surtout du nucléaire, donc lémission de GES est moins importante que dans un pays comme lAllemagne par exemple, dont la production délectricité est basée sur des sources thermiques très émettrices en CO2.
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Répartition géographique des quotas pour la première période (2005-2007)<o:p></o:p>
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Le principe du système de quota est le suivant : il sagit de parvenir à créer une rareté sur un bien et de recourir au marché pour que les agents économiques dévoilent leur prix pour ce bien. En dautres termes, les Etats membres ont déterminé la quantité de CO2 maximale que chaque entreprise peut émettre, comme il la été précisé ci-dessus. Or, et il sagit dun des éléments les plus fondamentaux du système, cette quantité déterminée, fixée par les Etats à travers leur PNAQ, est volontairement inférieure aux besoins réels des entreprises, de telle sorte que celles-ci, afin de combler ce déficit, se voient soffrir trois solutions : la première des solutions, et la moins acceptable du point de vue de lentreprise, est une réduction de sa production. La deuxième des solutions est que lentreprise investisse dans des technologies propres. Enfin, lentreprise peut envisager dacquérir des quotas supplémentaires.
Finalement le mécanisme de marché est simple : plus le besoin démettre du CO2 se fera sentir, plus les droits démissions disponibles deviendront rares et chers, et donc plus il sera rentable de se tourner vers des technologies propres. Et le concept de rareté est ici indispensable : en effet sans rareté, rien na de prix sur le marché. Or il faut mettre un coût au CO2 si lon veut parvenir au résultat escompté, c'est-à-dire réduire les émissions de carbone et inciter les entreprises à utiliser des technologies propres, moins consommatrices dénergie, ainsi que des énergies renouvelables telles quelles existent déjà sur le marché. Créer de la rareté naurait de sens sans un échange possible des quotas entre les différents agents. Cest pourquoi des bourses carbones ont vu le jour pour compléter le système européen et faciliter les échanges.
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La négociation dactifs CO2 peut seffectuer de deux façons : soit les agents utilisent les informations détenues dans les registres, les noms des détenteurs de compte étant publics, soit ils utilisent des places de marché publique. Les bourses des quotas démission trouvent leurs origines dans le fait que lUnion européenne na pas réglementé ce pan de lactivité. Dès lors, de nombreux acteurs privés sont venus se positionner sur ce marché afin de proposer des prestations de services aux acteurs. Il faut savoir aussi que les transactions sur le carbone nont pas débuté à partir du 11 février 2005. En effet, dès la fin des années 90, avec la prise de conscience des enjeux du changement climatique, des premières transactions sur le carbone sont apparues. Mais ces transactions sopéraient de gré à gré, sans marchés organisés. Les choses ont donc changé depuis le 11 février 2005, avec lapparition des plates-formes de marché.
Puisque les registres nationaux ont avant tout pour but de tracer de façon fiable et sécurisée les émissions et les montants de quotas correspondants, les plates-formes de marché, elles, assurent une liquidité suffisante de façon à stimuler les transactions dactifs CO2 entre les acteurs économiques. Ainsi, ces deux entités permettent à priori de faire fonctionner correctement ce système déchange.
Lexistence des plates-formes de marché offre de nombreux avantages aux différents acteurs : ces plates-formes permettent tout dabord de minimiser les coûts de transaction. En effet, en labsence de place de marché, un agent qui souhaite engager un échange avec un autre agent doit rechercher ce dernier, et ceci a un coût. De plus, les risques de contrepartie (risque de crédit, risque de défaut) sont diminués. Un troisième avantage quoffrent ces plates formes est le fait que lacheteur et le vendeur ne se connaissent pas : les agents sont donc ici anonymes. Les ordres d'achat et de vente sont enregistrés sur un système électronique qui confronte les ordres et, lorsque ceux-ci correspondent, les « appareille » (la négociation est réputée validée). Les contreparties sont alors informées du résultat de leur négociation et les instructions de « règlement-livraison » sont envoyées à la plate-forme de compensation (chargée de payer le vendeur et de livrer l'acheteur avec les quotas). On peut aussi souligner le fait que ces plates-formes sont dotées dun système électronique en temps réel, ce qui permet évidemment une vitesse accrue des transactions. Enfin, ces plates-formes de marché assurent une transparence du prix moyen des transactions : le prix d'échange fluctue en fonction des offres d'achat et de vente et le cours de l'actif « quota » est connu de tous les acteurs ainsi que du grand public.
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La première plate-forme déchange a vu le jour le 11 février 2005 : il sagit de la plate-forme scandinave Nord Pool (Nordic Power Exchange). La deuxième place de marché à avoir pu débuter est lallemand EEX (European Energy Exchange). Puis viennent la Britannique ECX (European Climate Exchange), créée le 22 avril 2005, la Française Powernext Carbon, créée le 24 juin 2005, issue dun partenariat entre Powernext, Euronext et la Caisse des Dépôts, lAutrichienne EXAA (Energy Exchange Austria), créée aussi dans la seconde moitié du mois de juin 2005, et enfin Climex, une plate-forme néerlandaise. Au total ce sont donc six places de marché qui sintéressent à lactif CO2. Le jour même de son ouverture, la nouvelle bourse française a conclu un "accord de coopération" avec la bourse britannique du CO2, dont le siège juridique est à Amsterdam. L'accord de coopération entre les deux plates-formes dont les transactions sont complémentaires « permettra la création d'une bourse européenne [des gaz à effet de serre] de premier plan » indique Powernext Carbon montrant ainsi la volonté française de sengager dans le projet.
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Il faut souligner que lactivité de ces plates-formes déchange fut faible durant les six premiers mois de lannée 2005, et ceci pour des raisons relativement faciles à comprendre. Dune part, les registres ont connu des difficultés dans leur mise en place, ces registres dépendants eux-mêmes de la finalisation des PNAQ. On peut citer lexemple de la plate forme autrichienne EXAA, qui sest vue retarder son activité du fait des difficultés qua connu le registre autrichien concernant laval de la Commission européenne pour sa mise en application. De la même façon, la plate-forme Powernext Carbon a reculé la date de son application dans la mesure où elle était destinée à débuter une fois la mise en ligne du registre français établie. Ce dernier ayant vu le jour le 16 mai 2005, il est normal que Powernext Carbon nai pu commencer avant fin juin. Dautre part, les débuts de ces plates-formes ont souffert du manque de liquidités disponibles dès leurs mises en application. Enfin, il faut insister sur le fait que ces places de marché ont été « boudées » dans un premier temps par les acteurs, ce qui parait logique : la finance carbone étant un outil nouveau, ces derniers nont pas su comment se positionner, et ont fait preuve dun certain attentisme.
Malgré certaines divergences entre elles, ces six plates-formes présentent des caractéristiques similaires :
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- Elles proposent toutes des contrats de négociation sur les quotas européens
principalement : les EU allowances.
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- Elles sont dominées par les grands groupes énergétiques dans leur pays respectif (En France, Powernext est la bourse de lélectricité). En effet, les bourses de lélectricité se sont manifestées les premières car la plupart de leurs membres sont des émetteurs de CO2. Quatre des six plateformes sont ainsi gérées par le secteur de lélectricité (Powernext, Nord Pool, EXC, EXAA).
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- Toutes ces plates-formes sont, comme nous lavons vu, dotées dun système électronique. En outre, leur existence et leur maintien sont garantis et sécurisés dans la mesure où elles sappuient en grande partie sur un système de confrontation des ordres qui est largement utilisé sur le marché de lénergie.
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Finalement, socle juridique, registres, PNAQ et plates-formes de marché, qui sont le fruit de la recherche dinfrastructures techniques et de décisions politiques, ont permis à la finance carbone de connaître un démarrage stable, serein, et fonctionnel si lon considère lévolution du montant total de transactions dactifs CO2. En effet, si en juillet 2005, le total de volumes échangés (de gré à gré et sur plateformes de marché) nexcédait pas les trois millions de tonnes de CO2, le mois de décembre 2006 a connu un montant de 8 millions de tonnes de CO2 échangés. En valeur, les échanges de quotas ont représenté 14,1 milliards deuro, c'est-à-dire trois fois plus quen 2005[9]. Si on ajoute à ceci un nombre croissant de participants, on obtient dès lors un marché de plus en plus liquide.
Mais au-delà de ces considérations, le but ultime de la finance carbone est de diminuer le plus possible lémission de GES. Autrement dit, la réussite du projet est liée avant tout au prix de la tonne de CO2 qui sest dessiné au cours des deux années passées. Et sur ce point, il nest pas possible de considérer que la première phase du marché européen a été synonyme de succès.
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En théorie, tous les ingrédients semblent réunis pour permettre un décollage de la finance carbone mais au final se dégage une bien pâle copie. La première phase était annoncée comme « une phase dapprentissage » et de mise en route. Et effectivement, elle a donné lieu à des balbutiements : se distinguent ainsi plusieurs sous-périodes lors de la première phase. La demande de quotas est affectée par trois facteurs principaux : les conditions météorologiques, les prix relatifs de lénergie et, dans une moindre part, le niveau de lactivité économique.

Source : réalisé à partir de données fournies par Powernext Carbon.
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Sur lensemble de lannée 2005, la tendance a été nettement ascendante avec un véritable décollage à la mi-2005. La rigueur de lhiver 2004-2005 ainsi que la sécheresse de lété 2005 ont montré que le système était viable avec des bases de fonctionnement saines : la rareté conduit bien à une hausse du prix du carbone. La pratique a rejoint la théorie. Tout dabord, le froid a entrainé une hausse de la demande délectricité. Puis, la sécheresse a notamment obligé les électriciens européens (ils détiennent plus de 56% des quotas à eux seuls) à limiter le recours aux centrales nucléaires et hydrauliques (du fait du manque deau) et ce sont les centrales en charbon qui ont été les plus fortement sollicitées. Or, elles sont fortement émettrices, ce qui a créé une pression à la hausse sur le carbone propulsant le prix de la tonne de carbone au-delà des 25 euros car les électriciens cherchaient à acheter des quotas pour se prémunir contre cette flambée démission. Dans le même temps, ces mêmes producteurs ont été fortement affectés par lenvolée du prix du pétrole sur le marché international. Ce prix a renchéri le fioul et le gaz utilisés pour la génération délectricité. Simultanément, en Europe, le prix du charbon a diminué, principalement en raison de la baisse des tarifs de fret maritime. Le creusement de lécart de prix entre le gaz et le fioul dun côté et le charbon de lautre, a conduit les électriciens à accroître lutilisation du charbon, plus émetteur de CO2. Les prix se sont stabilisés au niveau raisonnable de 25 euros la tonne à partir de la mi 2005. La fin de lannée est marquée par la décrue du prix du pétrole tandis que le prix du gaz connaissait quelques soubresauts en raison du différend entre la Russie et lUkraine, les prix sajustent alors aux alentours de 20 euros la tonne.
Lidée importante à retenir de cette première année de fonctionnement est la validité du système. Les industriels ont reconnu la contrainte carbone qui pesait sur eux et lautorité de la Commission européenne pour la faire respecter. De plus, les volumes échangés demeurent importants. En 2005, sur les 2,2 milliards de quotas, presque 12 % ont été l'objet de transactions. Compte tenu de la nouveauté du marché, ce chiffre est relativement correct. La valeur des transactions a atteint un peu moins de 5 milliards deuros ce qui fait du système déchange européen, de très loin, le premier marché de permis démission au monde. La première année de mise en uvre sest déroulée sous les meilleurs auspices, laissant entrevoir un avenir brillant à la finance carbone. Malheureusement, comme sur tout marché boursier, les prédictions se révèlent souvent fausses.
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Le problème majeur est que de janvier 2005 à mars 2006, la majorité des acteurs a préféré conserver ses excédents de quotas, adoptant ainsi une position attentiste surtout face à un marché naissant. De fait, ils ont raréfié eux-mêmes loffre sur le marché du carbone. La correction nen fut que plus rude dautant quelle sest trouvée associée à des conditions climatiques défavorables. La jeunesse de ce marché est propice aux renversements de tendance : il connaît ainsi en moins de six mois un recul de plus de 80 % qui débute par un sérieux revers en avril 2006. La dernière quinzaine davril qualifiée de « krach-test » correspond aux premières informations rendues publiques par les pays concernant leur allocation de quotas. En moins de deux semaines, nombre de pays ont annoncé quils détenaient des surplus de quotas en quantité non négligeable parfois, et on a de ce fait assisté à une correction des marchés assez brutale. En effet, six des quinze pays de l'Union (la France, la République tchèque, les Pays-Bas, l'Estonie, la Belgique et l'Espagne) ont alors déclaré une production de CO2 largement en deçà des quotas alloués par Bruxelles. Par exemple, en France, 13 % des quotas alloués pour 2005 nont pas été utilisés. Il en résulte une déconnexion assez nette entre les prix à terme (qui intègrent la deuxième phase) et le prix spot qui lui continue de descendre.
Lautomne 2006 caractérisé par sa douceur et sa forte pluviométrie auquel sajoute un reflux des prix du pétrole, a encore réduit les besoins en quotas du secteur énergétique, ne faisant que condamner une première phase déjà bien consommée. Même les instigateurs du projet ont des mots extrêmement durs pour qualifier cette première phase : la première étape du marché européen des droits d'émissions de gaz carbonique est « foutue » commente ainsi un proche collaborateur de Stavros Dimas, commissaire européen à l'environnement. « Il faut oublier cette première période » confirme Jean-François Conil-Lacoste, directeur général de Powernext, principale bourse d'échange de ces droits d'émissions.
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Cependant, le tableau final nest pas tout noir. Il peut être nuancé sur le fond au moins: il convient de noter que le marché fonctionne, il réagit sainement aux fondamentaux et fête sa deuxième bougie contrairement à ce quavait prédit nombre de ses détracteurs. Le montant des transactions sest vigoureusement accru : 817,9 millions de tonnes de CO2 ont changé de main, soit 40 % de la quantité annuelle attribuée aux entreprises. Les volumes échangés entre 2005 et 2006 ont explosé, + 212 %, tout comme le nombre de participants aux échanges et la tendance ne semble pas faiblir[10]. La volatilité observée peut être aussi relativisée dans le sens où elle est inhérente à toute création de marché. Enfin, la Banque mondiale estime ainsi quil a capté 83 % de la valeur des échanges carbones en 2006.
Malgré ces facteurs atténuants, force est de reconnaître que la première phase est un échec cuisant sur la forme : le prix spot stagne aujourdhui en dessous de un euro la tonne ce qui reflète le poids de la contrainte environnementale pour les entreprises : quasi nulle. Le marché perd sa vertu écologique. Les acteurs ont depuis bien longtemps les yeux tournés vers la deuxième phase. Il en résulte pour le marché une division en deux compartiments répondant à des logiques totalement différentes : un prix spot qui tend vers zéro et un prix à terme qui au contraire se maintient aux alentours de 20 euros la tonne[11]. On parle deffet ciseau pour qualifier ce phénomène qui peut sembler étrange à première vue et qui continue de saccentuer. Lexplication réside en fait dans limpossibilité de reporter les excédents de quotas détenus lors de la première phase sur la deuxième phase, cest ce que lon appelle la close de « non-banking » (ou « non-bancabilité ») de la directive européenne. Les quotas de la première phase perdent toute valeur et seront donc détruits à la fin de lannée 2007, cest pourquoi ils tendent inexorablement vers zéro. Cette décorrélation entre les prix est particulièrement criante du fait que 2007 est une année charnière dans la négociation des allocations futures de quotas. La hausse du prix à terme résulte essentiellement des anticipations des agents sur la base de facteurs institutionnels : la Commission européenne a envoyé des signaux forts montrant quelle entendait corriger les errements de la première phase et quelle ne se laisserait plus berner par les lobbys industriels qui ont nettement surévalué leurs besoins en quotas. Cela laisse donc présager une plus forte rareté de quotas sur la seconde période, paramètre déjà intégré à travers laugmentation des prix à terme. Un exemple concret de la volonté des autorités à durcir le ton se retrouve en Angleterre où l'agence environnementale britannique a infligé le 06 décembre 2006, 750.000 livres sterling, soit 1,12 milliard d'euros, d'amende à quatre entreprises britanniques n'ayant pas respectées leurs quotas. L'amende de 40 euros par tonne de CO2 émise sans quota n'était jusqu'alors qu'une menace théorique, et son application est de nature à entraîner les acteurs à se mettre en conformité en ayant recours au marché. Cela confirme les déclarations de Tony Blair lors de la présentation du rapport Stern sur les changements climatiques où le premier ministre anglais avait déclaré : « Le monde ne peut plus se permettre d'attendre ».
Il convient dès lors de se demander pourquoi une idée aussi prometteuse sur le papier na pu être mise en uvre avec le succès escompté. Même sil est évident que le surplus de quotas a joué, dautres facteurs entrent en compte.
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Le constat est clair : le prix de la tonne de CO2 sest complètement effondré ce qui empêche le système de quotas de fonctionner correctement. En effet, à un prix aussi bas, les entreprises sont incitées à acheter des quotas supplémentaires sur le marché plutôt que deffectuer des investissements en technologie propre qui sont bien plus couteux. Si les prix sont si bas, cest bien que les allocations de quotas concernant la première période ont été trop généreuses : le marché croule sous les quotas. On parle alors de marché « long » (plus de quotas que démissions). La réglementation joue ici un rôle extrêmement important : si Bruxelles ne fixe pas des quotas en nombre restreint, la finance carbone ne peut se développer. Barbara Helfferich, porte-parole du commissaire européen à l'environnement, explique ainsi : « quand nous avons établi les quotas en 2004, les industriels ont transmis des évaluations exagérées de leurs émissions réelles. » En 2006, d'après l'analyse de Powernext des données transmises par Bruxelles, les émissions finalement constatées ont été supérieures de 4 % aux quotas. Cela signifie que très peu d'usines ont émis plus que ce à quoi elles avaient droit. Dès lors, les mécanismes de marché ne pouvaient fonctionner correctement. Barbara Helfferich reconnaît dailleurs : « Ni les Etats ni la Commission n'ont sans doute été assez stricts. ». Pour ne citer que la France où l'attribution des quotas s'est révélée particulièrement généreuse, le secteur papier et pâte à papier a par exemple reçu 45,3 % de quotas excédentaires par rapport à ses émissions selon une étude du courtier CM-CIC Securities. Cette même analyse montre quavec un quota à 13 euros la tonne, si les groupes Veolia ou Total vendaient l'ensemble de leurs quotas excédentaires, ils pourraient payer les rémunérations de tous leurs mandataires sociaux pendant plusieurs années.<o:p></o:p>
Malgré leur manque d'expérience, quelques gouvernements ont néanmoins su jouer le jeu : trois Etats membres sur vingt sept (la Grande-Bretagne, l'Espagne et la Slovénie) ont été capables d'établir des quotas inférieurs à leurs émissions. Au contraire, les usines françaises ont émis en 2006 un peu plus de 118 millions de tonnes de CO2, alors que le gouvernement français avait autorisé un quota de 150 millions de tonnes. La France fait figure de mauvaise élève, un comble alors que son président Jacques Chirac avait notamment axé son mandat sur les problèmes environnementaux. Mais, le ministère de lEcologie avec sa tête Nelly Olin, pèse bien peu face au ministère de lEconomie, des finances et de lindustrie, problème qui se retrouve dans tous les pays de lUnion. Cest bien là tout lenjeu du développement de la finance carbone : arriver à contenir les pressions des lobbys industriels qui sestiment désavantagés par rapport aux entreprises américaines. Lune des principales raisons de leffondrement des cours du carbone est que les industriels nont pas voulu jouer le jeu et ont tout fait pour le contrecarrer. Le Medef se fait ainsi le porte voix de ce mouvement de révolte contre lalourdissement des coûts de production. Il brandit le sceptre des baisses de production, voire des fermetures et des délocalisations d'usines, en tout cas une perte de compétitivité pour le tissu industriel français. Par exemple, les producteurs daciers considèrent que le système européen de quotas freine gravement leur production et les handicape par rapport à leurs concurrents outre-Atlantique. Ils sont en effet confrontés à une forte demande mondiale sous la pression notamment de la croissance chinoise. Des actions en justice ont ainsi été intentées par Arcelor qui voulait obtenir une renégociation accélérée de ses quotas. De même, en Finlande, une député a demandé la suspension du système car elle estime que celui-ci pèse lourdement sur lindustrie de transformation du bois. Ces revendications trouvent toute leur signification dès que les producteurs doivent faire face à une concurrence internationale et jusquà présent la Commission européenne na pas réussi à les juguler.
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Le problème inverse se pose également, à savoir des industriels tirant une rente de la contrainte carbone. A première vue complètement contradictoire, cet effet pervers joue un rôle extrêmement important. Il a semé le trouble sur le développement du marché des quotas en lui jetant un sérieux discrédit. Il sagit de ce que les Anglo-Saxons appellent les « windfall profits », littéralement les gains tombés du ciel. Cela concerne plus spécifiquement les producteurs délectricité. Ces derniers ajustent loffre par rapport à la demande au fur et à mesure que celle-ci varie. En effet, lélectricité ne se stocke pas. Par conséquent, en cas de pics de demande (froids hivernaux par exemple), ils font appel à des centrales thermiques au fioul ou au gaz qui émettent du CO2 contrairement aux centrales nucléaires ou hydrauliques qui fournissent le courant de base. Or, la facturation se fait sur la base de la dernière unité produite qui intègre le coût supplémentaire de la contrainte carbone. Le consommateur se retrouve donc lésé : il paye son électricité bien plus chère, paradoxe pour un secteur en cours de dérégulation où la concurrence est censée faire baisser les prix. Dès lors, le combat se poursuit sur le plan juridique. Le Conseil de la concurrence allemand, Le Bundeskartellamt, a ainsi crée un précédent. L'autorité estime que les électriciens RWE et E.ON ont artificiellement gonflé leurs prix en incluant le coût du CO2 dans leurs tarifs, alors que les quotas sont gratuits (leurs prix sont déterminés par le marché mais en loccurrence à lheure actuelle, ils ne valent plus rien). Elle leur demande donc d'abaisser le prix de l'électricité. Selon lindustrie électro-intensive, les prix de l'électricité pratiqués en Allemagne en 2005 ont été surestimés de 25 % en moyenne. De même, au Royaume-Uni, l'Institute for Public Policy Research (IPPR) a indiqué que les rentes des électriciens britanniques depuis début 2005 représentaient plus de 1 milliard de livres (1,5 milliard d'euros). En France, le mégawatheure est passé en quelques années de 19 à 35 euros. Limpact inflationniste du carbone constitue une menace réelle sur la crédibilité du système même si, là encore la Commission européenne fait entendre quelle ne pouvait prévoir tous les effets qui allaient découler de la mise en place du système de quotas et souligne bien le terme « apprentissage » quelle associe à la première phase.
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Le dernier facteur pénalisant est le découpage en période de courte durée, 2005-2007 dans un premier temps puis 2008-2012, qui a fait lobjet de nombreuses critiques. Dans le cas des Etats-Unis et de leur expérience sur le dioxyde de souffre, les périodes dallocation couraient sur 30 ans ce qui laisse envisager une certaine stabilité et visibilité ce dont ont besoin les marchés financiers pour fonctionner. En effet, il y a un risque deffet pervers sur les allocations de quotas. Prenons lexemple dune firme qui investit massivement dans des technologies propres et qui réussit à baisser ses émissions sur la première période, le risque est quelle reçoive moins de quotas dans la seconde période. Le manque de visibilité sur le moyen terme est donc évident. Lhorizon temporel joue un rôle crucial : les investissements en matière environnementale portent sur des montants extrêmement élevés. Les entreprises, pour allouer de telles sommes, doivent pouvoir se projeter dans lavenir avec la garantie que leurs engagements ne serviront pas à rien. Lhorizon final de 2012 est bien trop proche.
Cest le mode même du calcul des quotas à allouer qui est discuté. Il existe deux manières de procéder :
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· Cette méthode soppose au grandfathering (droit du grand-père) qui repose sur les émissions passées (doù son nom) tandis que les nouvelles installations doivent se conformer à un nouveau standard. Cela se traduit mathématiquement par la formule :
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Allocation = Moyenne des émissions historiques des années de référence
x taux de croissance du secteur
x facteur de progrès technique
x facteur de conformité.
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Lavantage indéniable du benchmarking est quil accorde une prime aux entreprises les plus performantes de la branche mais il est plus coûteux et complexe à mettre en place : il faut ainsi collecter énormément de données. La première allocation de quotas (2005-2007) sétait donc faite sur une base historique. « Les quotas ont été calculés sur une base auto déclarative des entreprises, à partir des trois années de plus fortes émissions sur la période 1997-2002, auxquelles s'ajoutent un facteur de progrès technologique et un facteur de croissance, et se soustrait un facteur de réduction d'émissions », explique Jean-François Conil-Lacoste, directeur général de Powernext. Du coup, les lobbys des usines performantes en matière environnementale font pression pour la mise en uvre du benchmarking. Cest le cas dArcelor avant sa fusion avec Mittal : le groupe ne voulait pas que ses concurrents moins performants sur le plan environnemental soient favorisés par le système de grandfhatering ce qui était notamment le cas de Mittal qui a racheté des usines de lex bloc communiste dans un état déplorable.
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A lissue de la première phase, il savère que le poids de la contrainte écologique a été nul pour les entreprises. La finance carbone sest avérée trop dépendante de lévolution des contraintes météorologiques et de la rigueur de laspect règlementaire. Malgré tout, lUnion européenne entend bien corriger le tir lors de la seconde phase notamment en durcissant sa position mais également en sappuyant sur des mesures complémentaires. De lefficacité de ces mesures dépend lavenir de la finance carbone. Car un nouvel échec la vouerait aux gémonies, lui enlevant toute crédibilité et surtout condamnerait ce système alors quaucune alternative sérieuse nexiste réellement.
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Afin que les pays industrialisés puissent remplir plus facilement leurs engagements de réduction des émissions en gaz à effet de serre, le protocole de Kyoto a créé, aux cotés du système déchange de quotas démission de GES, des mécanismes dit de « flexibilité » par lesquelles des unités de réduction des émissions en GES peuvent être échangées sur un marché de carbone ouvert. Ceci permet aussi aux pays industrialisés datteindre une partie de leurs engagements en finançant la réduction démission dans un pays en voie de développement. Le protocole de Kyoto exige néanmoins que des réductions importantes puissent être faites au sein des pays industrialisés. Les mécanismes de flexibilité rendent possible les échanges et la vente de crédit de réduction des émissions en GES. Lidée est quune tonne de carbone pourrait constituer un crédit qui peut être vendu sur une des trois bases suivantes :
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- en achetant les droits de pollution dun autre pays industrialisé par le biais dun marché déchange des émissions comme on la vu dans la première partie.
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- en investissant dans des projets de réduction des émissions en GES dans dautres pays industrialisés, y compris les Etats et les économies en transition : il sagit du mécanisme de Mise en uvre Conjointe (MOC), autrement défini comme « Application Conjointe » .
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- en investissant dans des projets de réduction des émissions en GES dans des pays en voie de développement : il sagit du Mécanisme pour un Développement Propre (MDP). En France, le décret du 29 mai 2006 fixe les modalités de mise en uvre de ces activités[12].
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Le MDP répond à la demande dun certain nombre de pays du Sud, soucieux que ce nouveau mécanisme leur soit profitable en facilitant le financement de projets réducteurs démission de GES. Cette position a notamment été défendue par le Brésil, pays hôte du sommet de Rio en 1992. Lexamen dun exemple facilite la compréhension de ce type de mécanisme.
Prenons le cas de léconomie du Chili, pays qui est en train de se développer rapidement. Si, dans lavenir, ce pays et dautres en voie de développement polluent la terre au même niveau que les pays industrialisés, les chances déviter les changements climatiques catastrophiques seront de plus en plus faibles. Et lutilisation du charbon, bon marché, contribue de façon importante à ce problème majeur quest la pollution atmosphérique. Santiago, la capitale du Chili, avec une population de plus de cinq millions dhabitants, est un symbole à elle toute seule : la pollution y est tellement forte quil devient difficile de voir la chaîne des Andes qui par endroit sélève à plus de six mille mètres. Afin de renverser cette situation, les entrepreneurs chiliens cherchent des technologies plus propres, mais sans bénéficier dincitations financières : les tendances du marché prédominent. Nestlé, par exemple, qui possède une usine de fabrication du café, du lait en poudre et des céréales au sud de Santiago, avait utilisé le charbon depuis les années 20 pour sa production. Cela a bien sûr eu des effets néfastes tant au niveau local que global.
Cest là où le MDP peut jouer un rôle. Selon le protocole de Kyoto, le Japon doit diminuer ses émissions en carbone de 6 % avant 2010. Pour atteindre cet objectif, une série de mesures et dactions est prévue par le gouvernement, qui oblige les plus grandes entreprises japonaises à faire des efforts pour réduire leurs émissions. Et une partie de ces réductions sera effectuée dans des pays en voie de développement tels que Chili, en achetant des crédits démission de carbone dans le cadre du MDP.
Au Chili, Metrogas est la société qui subvient aux besoins en gaz domestique et industriel. Le gaz naturel est un carburant plus propre que le charbon, mais son réseau doléoduc au Chili est limité. Par conséquent, bien que le gaz soit abondant dans la région, il reste cher et natteint pas toutes les zones. Et puis, le coût de construction dun oléoduc jusquà lusine de Nestlé était trop onéreux. Mais, si loléoduc était construit, Nestlé aurait opté pour le gaz au lieu du charbon dans son usine. Comme le gaz a des émissions moins élevées que le charbon, cette substitution de combustible devrait diminuer lémission de plusieurs centaines de milliers déquivalent de tonnes CO2 pendant la durée de vie de cette usine.
Cest ce que Metrogas a fait : la société a construit loléoduc et a utilisé le MDP pour récupérer une partie des frais que cette transformation de combustible a engendré, en signant un accord de réduction démission avec un fournisseur japonais délectricité, et en lui vendant cette réduction sous la forme de crédit de réduction démission. Le charbon étant peu cher, le gaz naturel doit faire concurrence à un carburant très bon marché. Donc, en vendant les émissions, les frais sont rabaissés à un niveau très compétitif. Ce revenu supplémentaire a créé de nouvelles conditions qui ont rendu le projet à combustible gaz viable.
Là encore, à travers ce mécanisme, un arbitrage économique seffectue : lincitation de participer à un MDP survient dès lors que les réductions démissions réalisées par ces projets reviennent moins chères que des réductions de même importance dans les pays industrialisés souhaitant les comptabiliser.
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Finalement, à travers cet exemple, on voit que les deux parties sont gagnantes : lusine chilienne a connu des gains de productivité en réaménageant ses chaudières ainsi quune amélioration des conditions de travail, et la population vivant au voisinage de lusine bénéficie dun environnement plus propre. Les émissions réduites de GES ont permis aux promoteurs du projet de récupérer une partie des frais dinvestissements plus propres en utilisant le revenu des ventes des crédits de réduction des émissions. Linvestisseur japonais a de son coté utilisé les crédits achetés dans ce projet MDP pour remplir à un coût plus bas quil ne laurait fait chez lui ses engagements de réduction démission de GES.
Plus précisément, lintérêt des MDP est triple : un intérêt environnemental puisque sont ainsi promues des technologies « propres » n'émettant pas de GES. Un intérêt économique et financier pour lentreprise japonaise, car celle-ci a satisfait à moindre coût ses obligations de réduction de GES en réduisant les émissions à lendroit où elles coûtent le moins cher, ce qui garantit un coût minimal pour un résultat environnemental identique. En effet, le changement climatique est un problème planétaire, auquel contribuent également toutes les émissions de gaz à effet de serre, et ceci indépendamment de lendroit où seffectue lémission. Enfin, un intérêt pour le développement économique et social du Chili, pays hôte (qui bénéficie de lapport et du transfert de technologies modernes, et qui connait une amélioration du bien être chez la population locale).
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Ce projet est juste un exemple parmi un grand nombre de projets MDP. On peut aussi évoquer des projets MDP dans dautres pays émergents comme le Mexique, Brésil, lInde et Chine. Ainsi, le chimiste Rhodia a aussi fait valider des projets MDP au Brésil et en Corée, et ceci lui a permis de détenir plus de 80 millions de tonnes de crédits carbone, crédits quil a pu valoriser dès le début de cette année.
<?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="La France">La France</st1:PersonName>, quant à elle, a signé un accord pour la coopération dans le domaine du changement climatique et le développement et la mise en uvre de projets au titre du MDP avec les pays suivants : le Brésil[13], la Chine[14], lArgentine[15], la Colombie[16] et le Maroc[17]. Il faut souligner que les pays dans lesquelles se développent ces projets sont surtout des pays émergents. Les pays les plus pauvres ne sont pas pris en compte. En effet, dans les pays émergents, les agents sont plus enclins à investir dans lefficacité énergétique, car une base industrielle préexiste, contrairement aux pays les plus pauvres qui eux némettent pas beaucoup de gaz à effet de serre.
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Pour quun projet MDP voie le jour, il est indispensable que ce dernier suive une règle spécifique, et soit soumis à divers critères. En outre, ces projets suivent des étapes déterminées à lavance dans leur phase de création.
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Tous les projets MDP incluent trois premières étapes :
- Tout dabord il y a la phase dite d« identification ». Il sagit dadresser au promoteur un document en six parties à rédiger, et dans lesquelles le promoteur devra inclure une description générale de lactivité du projet, sa durée dactivité, une estimation des émissions de GES, les impacts environnementaux du projet, et les divers commentaires des participants.
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- La phase qui suit est la phase d « approbations gouvernementales ». Pour que le projet soit accepté, il doit contribuer au développement durable du pays hôte et être compatible avec ses priorités de développement. Lautorité nationale désignée (AND), organe en charge du MDP dans le pays hôte, supervise de manière attentive cet aspect du cycle du projet MDP. Il faut aussi souligner le fait quafin dattirer des projets MDP, le pays hôte doit offrir un cadre institutionnel, législatif et réglementaire attrayant, favorisant linvestissement privé et étranger dans le pays hôte.
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- La troisième phase est celle de validation et denregistrement des projets. Ici, le promoteur du projet doit choisir une Entité Opérationnelle Désignée (EOD) accréditée, qui est un organisme de certification indépendant. Ceci étant fait, elle retient ses services pour la validation, et lOED valide le projet en se basant sur le document préparé lors de la première étape. Puis lOED formule une demande au Conseil exécutif (CE) du MDP qui est chargé de superviser la mise en place du MDP. Enfin, le CE a la charge de formuler et denregistrer officiellement le projet.
Signalons quau cur du cycle dun projet MDP, on trouve le Document de Conception du Projet (DCP). Ce document est la base qui permet de montrer que le projet proposé remplit les critères nécessaires pour être un projet MDP. Il est normalement établi par des consultants, comme MGM International. Une fois que ces projets sont enregistrés comme projets MDP, les réductions démissions générées sont contrôlées. Les unités démissions peuvent donc être certifiées, et les certificats de réductions des émissions (CER) fournis.
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Il est donc clair que la mise en place dun projet MDP se fait de manière très contrôlée, avec des étapes précises, des objectifs poussés, le tout sous la direction dune législation sévère. Cette législation pose parfois des problèmes dans la mesure où cette dernière est en perpétuelle évolution : de nombreuses règles, modalités, procédures et lignes directrices relatives au MDP font lobjet de négociations internationales continues. Il est donc difficile pour les promoteurs de répondre positivement aux attentes de la législation. Ils sont tenus de se tenir au courant de ses évolutions.
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A coté des MDP, le protocole de Kyoto[18] a prévu des projets dits de Mise en uvre Conjointe (MOC), dont les règles et les conditions de fonctionnement ont étés précisées lors des accords de Marrakech en novembre 2001. La MOC permet à une entreprise établie dans un pays développé ou en transition dacquérir (au total, 38 pays de lOCDE et des pays à économie en transition) à travers des investissements pratiqués dans un autre pays développé, des crédits démission que lon appelle Unité de Réduction dEmission (URE).
Une des principales différences avec le MDP est quici, les projets MOC sont tenus dêtre réalisés à lintérieur des pays signataires du protocole de Kyoto. De plus, contrairement aux mécanismes du MDP, ces projets MOC ne sont pas encore opérationnels dans la mesure où les URE ne seront transférables quà partir de lannée prochaine. Enfin, les URE générés par les projets MOC sont émis par le pays hôte à travers une conversion des unités qui lui ont été attribuées dans le cadre du protocole de Kyoto. Pour le dire autrement, il sagit en fait dun transfert dun pays à un autre, et le total des émissions autorisées reste le même : on est en présence dun jeu à somme nulle et il ny a donc pas de création de droits démissions comme dans les MDP.
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Limpact dun projet MOC sur les registres et les inventaires des pays partenaires.<o:p></o:p>
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Source : Changement climatique<o:p></o:p>
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Un projet MOC est susceptible dêtre approuvé sous la condition dite de ladditionnalité : concrètement, cela signifie que le projet devra aboutir au final à une réduction démission de GES qui naurait pas eu lieu dêtre dans le cas où un tel projet naurait pas vu le jour. Cette additionnalité doit être prouvée par deux éléments :
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- Une analyse quantitative. Dans celle-ci, on mesure la différence entre la quantité démission de GES dans le cas où il ny a pas de projet MOC prévu, et la quantité démission de GES dans le cas où le projet serait effectif.
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- Une analyse qualitative. Ici, on sintéresse au contexte politique, réglementaire, économique et financier du pays hôte. Le but est dévaluer si le projet doit faire face ou non à un certain nombre de barrières, et si ces barrières sont surmontables.
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Sagissant des activités concernées, le protocole de Kyoto nest pas très précis, il névoque que « des projets visant à réduire les émissions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre dans tous les secteurs de léconomie[19] ». Pour autant, lors des accords de Marrakech de 2001, il a été mentionné un certain nombre de secteurs dactivités comme lagriculture, lindustrie, lénergie, le transport, le tertiaire.
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Outre le fait, évidemment, daméliorer la balance du CO2 du pays hôte, les MOC, comme les MDP, présentent lavantage de faire bénéficier au pays hôte dun environnement local et de conditions sociales améliorés, ainsi que lacquisition de nouvelles technologies et dun savoir faire de haut niveau. De plus, lintérêt des MOC réside aussi dans le fait quils aboutissent à laugmentation des investissements directs à létranger, ce qui entraine dautres créations de projets par un effet multiplicateur, et donc conduit à des créations nettes demplois. On retrouve là lidée dune condition sociale valorisée. Ces bénéfices indéniables ne doivent cependant pas cacher quelques défauts qui pourraient bien entraver le déroulement de la phase 2008-2012 du système européen de quotas.
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Les mécanismes de projets sont très prometteurs dans le sens où ils touchent les pays en voie de développement qui seront de gros pollueurs dans les toutes prochaines années. La pollution rend par exemple certaines villes dInde complètement irrespirables, le Programme pour l'environnement des Nations unies (PNUE) évoque même « un nuage brun dAsie » dont la dimension atteindrait sept fois la superficie indienne. Malheureusement, les MDP présentent linconvénient majeur de venir en quelque sorte biaiser le système de quotas européen. Ils font en effet craindre un afflux de crédits CO2 qui viendrait compenser la baisse draconienne des quotas décidée par la Commission européenne pour la seconde phase. On parle alors d« inflation carbonique ». En effet, la différence entre le nombre de quotas alloués et le nombre de quotas nécessaires qui sélève à 300 millions de tonne de CO2, pourrait être entièrement couverte par limportation de crédits issus des MDP. Cette affluence de crédits laisse planer le doute dune seconde phase similaire à la première avec un prix du carbone qui stagnerait à 8-10 euros la tonne sans arriver à décoller.
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De plus, lefficience du mécanisme de MDP est liée positivement au prix de la tonne de carbone. En effet, si le prix du CO2 se fixe à des niveaux élevés, les crédits issus de MDP pourront être revendus à un prix intéressant ce qui va inciter les entreprises à réaliser de tels investissements. Il se crée alors un cercle vertueux : plus le prix de la tonne de carbone monte et plus les entreprises auront intérêt à réaliser des MDP. Or, jusquà présent, seul le cercle vicieux a fonctionné : sur la première phase, leffondrement du marché a conduit par définition à une baisse conséquente du prix des crédits issus des MDP. Les crédits présentent aujourd'hui des prix plus que modestes par rapport aux projections initiales qui flirtaient parfois avec les 40 euros la tonne. Ainsi, Rhodia, suite à la validation de projets de technologie propre en Corée et au Brésil a réussi à faire valider 80 millions de tonne de carbone. Valorisées à 25 euros la tonne, cela représente 2 milliards deuros ce qui a immédiatement fait remonter le cours de bourse de la société qui traverse une période difficile. Mais, leffondrement du marché a réduit cette valorisation à moins de 80 millions deuros, la différence étant loin dêtre négligeable. Par conséquent, se pose la question de fixer une limite, cest-à-dire un volume maximal dans le cadre du recours aux MDP sous peine de fausser le marché en rendant loffre trop abondante.
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Comme le montre la description du processus effectuée auparavant, les mécanismes d'obtention des crédits sont extrêmement complexes : chaque projet doit en effet être validé par une expertise longue et coûteuse avant que les crédits ne soient délivrés. Ce problème se pose plus particulièrement dans le cadre des MOC : il en résulte des coûts de transactions liés à la formalisation et à la détermination des projets. Les délais dattente sont également extrêmement longs du fait de la lenteur juridique. Une entreprise qui sengage dans ce genre de projets ne connaît pas à lavance le nombre de quotas quelle va récupérer ce qui la place dans une situation dincertitude, peu confortable pour elle puisquune entreprise est adverse au risque.
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MDP et MOC constituent un apport efficace au système européen de quotas malgré des inconvénients qui peuvent être corrigés. Cependant, à eux seuls, ils ne suffiront pas à pérenniser le marché européen de permis démission. Lappui sur une réforme poussée et une réflexion sur les erreurs déjà commises lors de la première phase permettra à la finance carbone daffirmer durablement son efficacité.
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Lamélioration de lefficacité du système de quotas passe par trois grandes orientations : un resserrement de la contrainte environnementale pesant sur les entreprises, lallongement de lhorizon temporel afin de favoriser la visibilité sur le long terme et enfin, lélargissement sectoriel et spatial du dispositif.
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Après lembourbement qua connu la première phase, la deuxième période, qui sétend de 2008 à 2012, devra apporter la preuve que le marché peut résoudre des problèmes environnementaux en réduisant les émissions de manière efficace. Les négociations des plans nationaux d'affectation des quotas (PNAQ) pour cette période ont donné lieu à une jolie pagaille. Ils devaient être finalisés au plus tard le 30 juin 2006, seules lEstonie et lAllemagne ont été dans les temps. De nombreux PNAQ de pays récalcitrants ne sont toujours pas validés au début mai 2007 (une dizaine de pays attendent toujours laval de la Commission européenne). Le retard pris est considérable : durant le premier semestre 2007, devait débuter le processus de concertation de la Commission sur les caractéristiques de la phase III (qui concerne les émissions à partir de 2013). Les différentes parties se sont menées un bras de fer bien plus long que prévu car la Commission européenne a su rebondir après léchec de la première phase et sest montrée intransigeante sur sa ligne de conduite. Bien décidé à ne pas répéter les erreurs du passé, le Commissaire à lenvironnement, Stavros Dimas, a ainsi fait preuve dune extrême fermeté en rejetant les propositions initiales de nombreux pays. Aux émissions effectivement déclarées de 2005, la Commission a appliqué à la fois un taux de croissance de l'activité économique pour les années à venir et un taux d'effort, pour diminuer les émissions de CO2. Avec ce calcul, il est apparu que tous les pays (à l'exception du Royaume-Uni) devaient diminuer leurs quotas à commencer par la France. Lobjectif fixé est une réduction de 7 % chaque année entre 2008 et 2012, cest-à-dire 860,1 millions de tonnes de CO2. Lune des justifications est la contrainte supplémentaire des engagements de Kyoto qui pèse sur les Etats à partir de 2008. Les pays les plus éloignés de leurs objectifs finaux se verront demander un effort plus grand afin de ne pas pénaliser lUnion européenne toute entière. Compte tenu du rythme de la croissance industrielle qui dépasse les 3 % par an dans lUnion à 27, la contrainte environnementale se trouve nettement resserrée.
La France et lAllemagne ont longtemps bataillé avant de faire marche arrière. Dans le cas français, un proche de la ministre de lécologie, Nelly Olin, a même parlé de « gifle écologique ». La France a tout dabord tenté de faire avaliser fin novembre 2006 un plan jugé bien trop laxiste de 149,72 millions de tonnes de carbone. Mais face à l'avertissement de la Commission européenne, la France a sollicité un délai supplémentaire pour revoir sa copie. Le nouveau PNAQ retient un montant de 132,8 millions de tonnes de CO2 autorisées à être rejetées dans latmosphère chaque année à partir de 2008, soit le niveau des émissions effectivement constaté en 2005. Cela provoque lire des industriels qui, pour se défendre, mettent en avant les conditions climatiques exceptionnellement douces de lannée 2005. Par exemple, Arcelor Mittal, numéro mondial de lacier, est extrêmement actif dans lactivité de lobbying auprès des différents ministères concernés. Il met ainsi en garde contre des fermetures prématurées de sites sidérurgiques mosellans de Florange et d'Hayange, employant environ 3.000 salariés (directs et indirects) car linsuffisance de quotas correspond à la production de 2 à 2,5 millions de tonnes d'acier par an. Jean-Yves Gilet, membre du comité de direction de Mittal Arcelor explique ainsi : « Si ces quotas sont maintenus, ils mèneraient à l'asphyxie l'amont de notre filière en France, c'est-à-dire les hauts-fourneaux, en renchérissant de 15 à 20 % le prix de revient de la fonte produite dans l'Hexagone » . Dans le cadre du PNAQ, les quotas lorrains de rejets annuels de CO2 devraient être réduits de 28,6 millions de tonnes à 23,4 millions de tonnes. <o:p></o:p>
LAllemagne a également du batailler ferme. A lorigine, le gouvernement allemand avait prévu de fixer la limite annuelle démissions de CO2 à 482 millions de tonne pour la période allant de 2008 à 2012. Devant les critiques de Bruxelles, Berlin a du plié et baisser à 483 millions de tonne. Cependant, lAllemagne possède encore beaucoup de centrales électriques fonctionnant au charbon : leur remplacement par des installations moins émettrices en gaz à effet de serre, des centrales au gaz par exemple, devrait lui permettre de faire baisser ses émissions sans efforts technologiques majeurs. Finalement, cest le Royaume-Uni qui sen tire le mieux : seul son plan a été accepté en létat. Tony Blair devient le nouveau héraut dans la lutte contre le réchauffement climatique. La plus grosse surprise est venue de la Pologne et de la République Tchèque. La Commission a réduit de 26,7 % les quotas proposés par la Pologne (à 208,5 millions de tonnes) et de 14,8 % ceux de la République tchèque (à 86,8 millions de tonnes). De même, la Lituanie est contrainte de redoubler ses efforts, pour restreindre de 8,8 millions de tonnes ses émissions de CO2, contre les 16,6 millions initialement proposées. Ces mesures ont eu un impact immédiat sur le marché du carbone qui sest envolé de 10 % suite à ces annonces. Le pari dun durcissement des contraintes engagé par la Commission est en passe dêtre gagné puisque le déficit total de tonnes de CO2 devrait atteindre en moyenne 280 millions de tonnes par an selon la Société Générale. Environ 1,17 milliard de quotas devraient être alloués, ce qui représente un déficit moyen de 5,9 % par an. <o:p></o:p>
Une autre mesure va également dans le sens de la réforme du système européen déchange de quotas de CO2. Afin daméliorer lhorizon temporel, la Commission européenne a décidé dautoriser la « bancabilité » des quotas entre la deuxième et la troisième période du marché, puis sur les périodes suivantes. Il sagit là dun signal de long terme qui vise à gommer un des principaux problèmes rencontré lors de la première phase : leffet ciseau. Dès lors, cela pourrait renforcer la rareté des quotas puisque ceux-ci pourraient être utilisés sur des périodes bien plus longues. Cela contribuerait également à améliorer nettement la visibilité du marché : les entreprises vont pouvoir anticiper et mieux gérer leurs prévisions futures de quotas.
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La seconde phase se présente donc sous un meilleur jour que la précédente, mais les discussions concernant laprès 2012 sont pour linstant au point mort. Or, 2012, en économie, peut être considéré comme demain.
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LEurope ne pourra faire fonctionner efficacement son système de quotas si le mécanisme ne sétend pas à dautres zones et à des secteurs jusque là non couverts.
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Pour l'Union européenne, le principal défi des prochaines années consistera à convaincre les principaux producteurs d'émissions au niveau mondial - notamment les Etats-Unis et la Chine - de participer à un système contraignant de réduction des niveaux de pollution atmosphérique. En effet, elle saffranchirait ainsi de tous les problèmes sur la compétitivité entre les entreprises européennes et américaines puisque ces dernières se trouveraient sur un pied dégalité. Malheureusement, les Etats-Unis restent ancrés sur lidée émise par Georges Bush sénior en 1992: « Le mode de vie américain nest pas négociable ». Cela ne signifie pas pour autant que les Américains ne se préoccupent pas des problèmes environnementaux . Ainsi, lidée dappliquer les mécanismes de marché à un problème environnemental provient paradoxalement de lautre côté de lAtlantique : au début des années 90, les Américains ont imposé avec succès des quotas sur le dioxyde de soufre pour lutter contre les pluies acides et la déforestation liée à ces émissions. Aujourdhui, les initiatives demeurent locales ou à un niveau fédéral. La Californie et les Etats du Nord-est sont ainsi à la pointe de la préoccupation environnementale : Arnold Schwarzenegger défend un « green world » et a modifié la législation de son Etat afin de favoriser les énergies renouvelables (crédits dimpôts pour linstallation de panneau solaire, adoption de normes drastiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les automobiles ). Cependant, il apparaît inconcevable aujourdhui à la Maison Blanche de sacrifier des points de croissance pour des motifs écologiques.
Cette vision américaine peut sexpliquer notamment par la différence de regards que portent les Américains par rapport aux Européens sur les questions concernant lenvironnement. En effet, ils considèrent que cest la technologie qui répondra aux besoins de lindividu et se portera donc tout naturellement sur le sujet de lenvironnement lorsque celui ci deviendra une préoccupation majeure et cruciale pour une majorité dAméricains. Ainsi, cest le progrès technique qui permettra de produire moins de gaz à effet de serre à lavenir. Lexemple le plus révélateur de cette conception est celui de lautomobile : les innovations technologiques font que les voitures (à gabarits égaux) sont beaucoup moins polluantes aujourdhui quil y a vingt ans. Or, cet argument peut être réfuté dans le sens où il y a vingt ans, les 4x4 nétaient pas coutumiers du bitume et la climatisation (grande consommatrice dessence) nexistait pas encore. Pour eux, la solution viendra de la technologie, de linnovation : à terme, lHomme inclura lenvironnement dans toutes ses décisions. Cest pourquoi, les Etats-Unis consacrent un budget extrêmement important à la recherche. Reste à espérer que les découvertes ninterviendront pas trop tard.
La recherche se porte actuellement dans deux directions : la séquestration géologique du carbone et la pile à hydrogène. Ces recherches aboutissent à des prototypes intéressants mais se pose alors un problème de taille : tant qu'il n'y aura pas d'incitation économique, c'est-à-dire pas de prix pour le CO2 qui incite les industriels à les adopter, ces innovations ne se diffuseront pas dans le tissu économique. Seule la base du volontariat est retenue. L'intérêt du protocole de Kyoto est précisément de créer ce type d'incitation économique. Les deux côtés de lAtlantique ne sont donc pas en complète opposition mais entre les Américains qui manquent d'incitations économiques et un protocole de Kyoto avec peu d'incitations en faveur de la recherche, le temps de mettre tout le monde daccord risque dêtre très long. Or, le temps presse ! La montée en puissance des Démocrates pourrait néanmoins changer la donne. Le calendrier pourrait saccélérer après lélection présidentielle américaine de 2008. Tous les candidats aux primaires déjà déclarés se sont prononcés en faveur dun plafonnement des émissions américaines de CO2 au niveau fédéral. Cela laisse envisager la possibilité de connecter le marché européen du carbone avec des marchés dautres pays notamment le plus connu dentre-deux, le Chicago Climate Exchange (CCX). Comme son nom lindique, le CCX est situé aux Etats-Unis, il sagit dune filiale de lEuropean Climate Exchange (ECX). Le CCX est une bourse auto-règlementée reposant sur le volontariat qui gère un programme pilote de réductions et déchanges de permis démissions de gaz à effet de serre. Il concerne 90 entreprises et les participants se sont engagés volontairement à réduire leurs émissions de 1 % chaque année entre 2003 et 2006. Les engagements, une fois pris, sont juridiquement contraignants. Les volumes échangés sont relativement modestes et le prix de la tonne de carbone évolue peu dans le sens où les acheteurs se font rares. Il pourrait cependant prendre de lampleur si les Etats-Unis accordaient une place plus importante au système de quotas.
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Un autre défi majeur concerne les règles dattribution des quotas. Aujourdhui, ces quotas sont attribués gratuitement ce qui a conduit à un phénomène de rente pour les électriciens mis en évidence lors de la première phase. Se pose également un problème pour les nouvelles attributions. En effet, si un électricien décide dinvestir dans une nouvelle centrale thermique au charbon, il reçoit gratuitement des quotas. Or, cette entreprise aurait tout autant pu acquérir un procédé bien plus réducteur en émissions. La Commission subventionne donc les investissements des émetteurs de carbone au lieu de les faire payer : lincitation ne va donc pas forcément dans le bon sens. Lidée serait donc dintroduire des quotas payants. Le principe dun système denchère au moins sur une partie des quotas (10 %) commence à faire son chemin car il obligerait les industriels à révéler le prix quils sont prêts à payer et cela éviterait les phénomènes de rente.
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Un agrandissement considérable de lhorizon temporel doit également être envisagé : dans le cas du marché américain du soufre, les périodes portaient sur trente années car les choix dinvestissement en matière dinfrastructures énergétiques se prennent sur plusieurs décennies. Les règles du jeu doivent être connues à lavance et non sans cesse évoluer. Comme sur tout marché économique, lincertitude nuit au bon fonctionnement des bourses carbones. Les entreprises ont besoin de visibilité, dun cadre rigide pour investir dans des procédés réducteurs démission.
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Une amélioration de la visibilité savère plus que nécessaire pour assurer le développement de la finance carbone. Lapprofondissement de laspect temporel devra être couplé avec celui des domaines couverts par le système de quotas.
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Lessor de la finance carbone est assuré par une multitude de mesures qui vont progressivement développer le domaine dapplication à des secteurs jusque là préservés. Le 20 décembre 2006, la Commission européenne a décidé détendre le système de quotas européens au secteur aérien à partir de 2011. Ce secteur fera lobjet dun marché séparé mais qui pourra importer des quotas européens et des crédits MDP et MOC. Toutes les compagnies, européennes ou non, qui desservent lUnion seront concernées et verront leurs allocations fixées pour 22 ans. Cette mesure fait suite au constat de la Commission qui craint que le secteur aérien ne réduise à néant un quart des efforts consentis dans d'autres domaines d'activités : « Alors que les émissions totales de l'Union, réglementées par le protocole de Kyoto, ont diminué de 5,5 % (- 287 millions de tonnes de CO2) entre 1990 et 2003, les émissions de gaz à effet de serre dues au trafic aérien international ont augmenté de 73 %, ce qui correspond à une croissance de 4,3 % par an » rappelle-t-elle dans un rapport de septembre 2005. Une approche en deux temps est retenue : la législation s'appliquera dès 2011 pour les vols intracommunautaires, puis vraisemblablement en 2012 pour les liaisons internationales. Pour allouer les quotas, la Commission prendra comme base la moyenne des émissions entre 2003 et 2006 et cette référence sera modifiée par la suite. Cette mesure fait dores et déjà grincer les dents des principales compagnies aériennes qui y voient là une source de surcoût.<o:p></o:p>
Le développement de la finance carbone passe également par lextension du système à des gaz à effet de serre autres que le dioxyde de carbone comme le méthane (CH4), le protoxyde dazote (N2O). Ce dernier est le quatrième plus important gaz à effet de serre à contribuer au réchauffement de la planète. Son pouvoir réchauffant correspond à 296 fois celui du CO2. Le CO2 a été choisi en premier par la Commission européenne car il présente lavantage dêtre facilement mesurable.
Une première mondiale retentissante en la matière est venue de France où le ministre de léconomie, Thierry Breton, a dévoilé un plan intitulé « projets domestiques CO2 » en février 2007 qui vise a élargir de manière considérable le champ de la finance carbone. Avec ce dispositif, la France affirme sa détermination dans les faits et non plus dans la seule théorie : elle veut être à lavant-garde de la lutte contre le changement climatique grâce à des outils innovants. Lobjectif des projets domestiques est de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre en les divisant par quatre dici à 2050. Ce plan encourage les acteurs de secteurs comme lagriculture, le transport, le bâtiment à faire des efforts. En contrepartie de projets visant à réduire les émissions, ils recevront des crédits carbone quils pourront revendre aux industriels. La participation se fait sur la base du volontariat et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) s'engage à racheter les permis de CO2 correspondant à ces émissions évitées à un prix fixé à l'avance, une fois les réductions effectivement constatées. Par exemple, une association d'éleveurs de porcs qui investirait dans une unité de méthanisation des déjections animales lui permettant de brûler le méthane récupéré pour produire de l'électricité ou de la chaleur pourrait économiser près de 500 tonnes de CO2 par an. Soit un bonus annuel (au prix de 12-13 euros la tonne de carbone) entre 6.000 et 6.500 euros. Une PME qui troque sa chaudière au gaz pour un chauffage au bois économise en un an quelque 1.500 tonnes de carbone. Soit, à conditions égales, un bonus d'environ 18750 euros par an. Cette innovation est extrêmement importante car le bâtiment et les transports sont des secteurs où les émissions ont le plus progressé depuis quinze ans, de plus de 20 % chacun[20] et qui représentent une part non négligeable des émissions totales[21]. Cela constitue une source de liquidité supplémentaire et renforce le nombre dintervenants actifs sur ce marché. Limpact de cette mesure demeure modeste puisquelle ne concerne que six à huit millions de tonne de CO2 mais elle démontre la volonté des autorités à terme dimpliquer un nombre dacteurs croissant sur le marché du carbone.
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La dernière idée en date pour lutter contre le réchauffement de la planète est une compensation volontaire des émissions de CO2 qui concerne les entreprises, les particuliers et les institutions. Lidée est de devenir neutre en terme démissions de CO2. En 2003, un Français émettait en moyenne neuf tonnes de gaz à effet de serre par an. Ainsi, de nombreux sites écologiques permettent deffectuer le calcul des émissions pour chaque individu et lui offre la possibilité de compenser ses émissions par le financement de projets écologiques dans des pays en voie de développement. Par exemple un voyageur qui effectue un aller-retour entre Paris et New-York, soit plus de 11000 kilomètres, émet 2,92 tonnes de CO2. Cela représente plus que l'usage moyen d'une voiture pendant 1 an. Sur ce voyage, le passager peut compenser ses émissions de CO2 pour 71 euros. Cette somme est alors utilisée comme un don pour cofinancer des projets de développement durable dans des pays en développement. S'agissant d'un don aux uvres d'intérêt général, les personnes imposables en France bénéficient d'une réduction d'impôts sur le revenu à hauteur de 66% de ce don. Cette compensation se limite donc en réalité à 24.14 euros. Certaines associations voudraient aller plus loin dans cette voie et appliquer le principe de la finance carbone aux particuliers volontaires. Chaque individu aurait ainsi un quota fixé en début dannée et à lui de gérer ses émissions pour ne pas le dépasser. Il pourrait acheter des quotas supplémentaires aux individus très peu gourmands en CO2, tout se déroulerait sur le même principe que le système mis en place actuellement à léchelle européenne. Cette mesure semble cependant extrêmement irréaliste en raison de contraintes techniques, réglementaires Mais seule une extension du domaine dapplication de la finance carbone permettra sa pérennisation.
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Il apparaît clairement que lassise de la finance carbone est un travail de longue haleine dépendant de la volonté du politique. A court terme, les mécanismes de marché ont bien du mal à simposer sur un sujet aussi délicat mais les solutions existent et leur mise en uvre progressive contribuera sans aucun doute à imposer la finance carbone dans les décennies à venir.
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<o:p> </o:p>Conclusion
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Constat paradoxal que celui de « la Vieille Europe » comme le clame Donald Rumsfeld qui se positionne aujourdhui comme le fleuron de la lutte contre le réchauffement climatique. Certes, la méthode retenue, à savoir un système de quotas échangeables, est bien loin dêtre la panacée, mais elle a le mérite dêtre (enfin) une application concrète de la volonté affichée des chefs dEtats de sengager réellement dans le domaine environnemental. Car le martèlement incessant du message dune planète en danger finit par laisser insensible et lasser une population qui attend de véritables mesures plus que de longs discours alarmistes. La répétition à outrance laisse vide de sens les alertes lancées par les associations écologiques. Ici, pour la première fois, les gouvernements de plusieurs pays se rassemblent dans un mouvement commun de réduction des émissions de carbone. Force est de reconnaître quil nexiste pas de solution miracle pour contrer les émissions de CO2. Le choix de la finance carbone a été décidé dans la douleur mais désormais, il faut continuer sur cette voie sans se retourner. Cest pourquoi la Commission européenne doit satteler à étendre ces mécanismes de marché à de plus de en plus de domaines afin déviter un maximum démissions. Léchec évident de la première phase peut être relativisé par la nouveauté du processus. Cela aurait très bien pu signer sa disparition complète mais la Commission européenne a su rebondir en montrant des signes forts lors de la mise en place de la seconde phase. Sa fermeté a surpris nombre dobservateurs et surtout, elle a su tirer parti de ses erreurs. Le pari était pourtant bien loin dêtre gagné en janvier 2005 et laction de Stavros Dimas doit particulièrement être soulignée. Le Commissaire européen en charge de lenvironnement avait été accueilli fraîchement lors de sa nomination en novembre 2004 en raison de sa promiscuité avec les milieux industriels. Or, cest bien par sa fermeté quil sest distingué, restreignant les propositions de bien des pays. Coupler des mécanismes économiques qui demandent une certaine flexibilité avec la rigueur des règles juridiques nécessite un certain temps dadaptation.
Le facteur le plus important dans lassise définitive de la finance carbone sur le paysage écologique reste la position des Etats-Unis. Cette dernière évolue extrêmement lentement mais elle nest pas complètement figée ce qui peut laisser envisager un certain optimisme. Une majorité d'Américains estiment ainsi que l'environnement doit être prioritaire sur l'économie[22]. S'il faut choisir, 52 % privilégient l'environnement et 36 % seulement l'économie. La population américaine prend donc progressivement conscience des perturbations climatiques du fait des catastrophes naturelles qui se multiplient. Il ne faut cependant pas se leurrer : sans les Etats-Unis, la finance carbone ne pourra être pérennisée tant son action serait réduite et par là même inefficace. <o:p></o:p>
Pour linstant, la finance carbone apparaît comme le seul système viable de lutte contre le réchauffement climatique à grande échelle, le plus juste et qui ne soit pas trop pénalisant pour les industriels. Reste que la finance carbone ne doit pas être considérée comme une fin mais bien comme un moyen darriver à la réduction des émissions de CO2. Elle doit pas conséquent être envisagée bien plus globalement et couplée à dautres mesures comme laugmentation de la production dénergies renouvelables (augmentation du parc déoliennes par exemple, accroissement de lénergie solaire ). Les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent impérativement décroître à partir de 2015 si on veut maintenir la hausse de la température mondiale moyenne entre + 2 °C et + 2,4 °C. Et comme tout bien public, lair na pas, par définition, de propriétaire privé et cest donc ensemble quil faut veiller au maintien de sa qualité. <o:p></o:p>
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Toutes les pages en ligne citées ci-après sont disponibles et consultables à la date du 09 mai 2007 :
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Ouvrages et revues consultés :
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Articles consultés :
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- Caisse des dépôts, (novembre 2005), « Elargir les instruments daction contre le changement climatique grâce aux projets domestiques »
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La Lettre de la Mission climat :
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- Caisse des dépôts, (janvier 2005), « La fin de la gratuité du carbone », N°1
- Caisse des dépôts, (avril 2005), « action territoriale et changement climatique », N°2
- Caisse des dépôts, (juin 2005), « lenjeu des mécanismes de projets », N°3
- Caisse des dépôts, (novembre 2005), « 2012, et après ? », N°4
- Caisse des dépôts, (janvier 2006), « Marché européen : an I », N°5
- Caisse des dépôts, (mai 2006), « marché du CO2 : pour quoi faire ? », N°6
- Caisse des dépôts, (octobre 2006), « lhorizon long », N°7
- Caisse des dépôts, (janvier 2007), « Marchés des quotas de CO2 : an II », N°8
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Tendances carbone (de mars 2006 à avril 2007)
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Notes détude :
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- Caisse des dépôts, (mars 2005), « Plan national dallocation des quotas et territoires », N°2
- Caisse des dépôts, (juin 2005), « Les platesformes de marché et le fonctionnement du système déchange de quotasCO2 », N°3
- Caisse des dépôts, (septembre 2005), Les expériences de projets domestiques CO2 dans le monde », N°5
- Caisse des dépôts, (avril 2006), « Panorama des plans dallocation des quotas en Europe », N°8
- Caisse des dépôts, (janvier 2007), « Croître sans réchauffer ? », N°10
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Sites Internet :
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Documentaires audiovisuels :<o:p></o:p>
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Annexe I
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Source : Caisse des dépôts<o:p></o:p>
Annexe II<o:p></o:p>
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Annexe III<o:p></o:p>
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Annexe IV<o:p></o:p>

Source : Powernext Carbon, ECX, Point Carbon<o:p></o:p>
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Annexe V<o:p></o:p>

Annexe VI

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Source : Ministère des finances<o:p></o:p>
Index<o:p></o:p>
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Introduction. 1<o:p></o:p>
I) Léchec à court terme de lapplication des mécanismes de marché à un objectif environnemental. 5
A. La naissance dun nouvel actif financier : la tonne de carbone. 6
1) La règlementation à lorigine du marché du carbone. 6
2) Les registres nationaux comme outils de gestion et de suivi des actifs CO2. 6
3) Lobjectif premier des Plan nationaux dallocation des quotas : créer une rareté sur le marché. 9
4) Les plates-formes assurent la fluidité du marché. 11
B. Une idée prometteuse, un premier bilan décevant. 14
1) La difficile mise en application de la finance carbone. 14
2) Les facteurs qui ont conduit à un échec du système. 18
1) Les atouts du mécanisme pour un développement propre (MDP). 23
3) La future application de projets de Mise en uvre Conjointe (MOC). 26
B. La finance carbone en attente de nouvelles règlementations. 30
1) Les plans nationaux d'affectation des quotas 2008/2012. 30
2) Lavenir de la finance carbone après 2012. 33
3) Un élargissement considérable du champ dapplication de la finance carbone. 35
Conclusion. 39<o:p></o:p>
Bibliographie. 41<o:p></o:p>
Annexes. 45<o:p></o:p>
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Liste des sigles :
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CITL Community Independent Transaction Log<o:p></o:p>
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CO2 Dioxyde de carbone
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CCX Chicago Climate Exchange
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CDC Caisse des dépôts
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EXAA Energy Exchange Austria
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ECX European Climate Exchange
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GES Gaz à effet de serre
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GIEC Groupe intergouvernemental dexperts sur lévolution du climat
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MDP Mécanisme pour un développement propre
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MOC Mise en uvre conjointe
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PNAQ Plan national dallocation des quotas
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SERINGAS Système Electronique de Registre Informatisé des Gaz A effet de Serre
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SO2 Dioxyde de soufre
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URE Unité de réduction démission
[1] Théorie économique développée principalement par Nicholas Georgescu-Roegen. Cet auteur appelle notamment à la décroissance économique et le scénario quil propose est celui dun « monde stationnaire ». Elève de Georgescu-Roegen, Herman Daly a construit et développé le modèle sous jacent à cette idée : il s'agit de réduire les « flux » de matières, mais aussi les « flux » de personnes, c'est-à-dire de maîtriser la démographie.
[2] Quatrième rapport du GIEC (2007), Bilan 2007 des changements climatiques : les bases scientifiques physiques.
[3] PHILIPPE, C. (2007), Cest trop tard pour la Terre, JC Latès, Paris.
[4] Chroniques du 21 septembre 2006 et du 05 octobre 2006 dans lhebdomadaire lExpress.
[5] Discours de Jacques Chirac devant l'assemblée plénière du Sommet mondial du développement<o:p></o:p>
durable, Johannesburg, Afrique du Sud, 02/11/2002.<o:p></o:p>
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[6] Terme tiré du nom de l'économiste britannique Arthur Pigou (1877-1959), auteur du concept d'externalité économique et premier à proposer une taxation correctrice (1920).
[7] Chronologie disponible en Annexe I.
[8] Répartition entre les différentes activités disponible en annexe II.
[9] Le graphique portant sur les volumes échangés est repris dans lannexe III.
[10] Graphique en annexe III.
[11] Graphique disponible en annexe IV.
[12] Décret n°2006-622 du 29 mai 2006 pris pour lapplication des articles L 229-20 à L 229-24 du Code de lenvironnement, JO du 30 mai 2006.
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[13] Décret n° 2006-590 du 23 mai 2006
[14] Décret n° 2006-455 du 19 avril 2006
[15] Décret n° 2004-1218 du 8 novembre 2004
[16] Décret n° 2003-1041 du 28 octobre 2003
[17] Décret n° 2003-964 du 3 octobre 2003
[18] Le terme « Mise en uvre Conjointe napparait pas de manière explicite dans le protocole de Kyoto. Larticle du protocole de Kyoto étant celui qui introduit les MOC, lensemble des textes officiels, afin de désigner les projets MOC, parlent de « projets relevant de larticle 6 ».
[19] article 6 du protocole de Kyoto,
[20] Graphique disponible en annexe V
[21] Graphique disponible en annexe VI
[22] Sondage réalisé par le New York Times et CBS News auprès de 1000 personnes le 29 avril 2007.